IVG médicamenteuse

À jour en Février 2018

Écrit par les experts Ooreka

 

Dans le cas d'une grossesse non désirée, il est possible de pratiquer une IVG. Celle-ci peut être médicamenteuse ou chirurgicale.

Définition de l'IVG médicamenteuse

L'interruption volontaire de grossesse par méthode médicamenteuse, ou IVG médicamenteuse, est une des deux méthodes utilisées pour interrompre volontairement une grossesse, l'autre méthode employée étant l'IVG chirurgicale.

L'avortement médicamenteux consiste en l'administration de deux types de médicaments :

  • une antihormone : le RU 486, ou mifépristone ;
  • une prostaglandine : le misoprostol.

L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu'à la 5e semaine d'aménorrhée sans hospitalisation, et jusqu'à 7 semaines d'aménorrhée avec hospitalisation.

À noter : en France, l'IVG médicamenteuse est la technique d'avortement la plus utilisée puisqu'elle représente 57 % d'entre elles.

Où pratiquer une IVG médicamenteuse ?

Depuis la loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001, l'IVG médicamenteuse peut être réalisée dans :

  • un établissement de santé public (hôpital) ou dans une clinique conventionnée ;
  • un centre de planning familial ;
  • un cabinet « de ville » par un gynécologue ou un médecin conventionné ;
  • un centre d'orthogénie ;
  • un centre IVG.

Bon à savoir : la loi de santé, parue au Journal officiel le 27 janvier 2016, permet aux sages-femmes de réaliser les IVG médicamenteuses. Les modalités de cette pratique sont précisées par le décret n° 2016-743 du 2 juin 2016.

IVG médicamenteuse : procédure

L'IVG médicamenteuse est soumise à un protocole très strict :

  1. Lors d'une première consultation, qui peut se faire chez le médecin traitant, la femme explique sa volonté de mettre un terme à la grossesse :
    • Le médecin réalise un examen clinique, l'informe sur les différentes méthodes d'IVG et leurs risques.
    • Des examens supplémentaires, comme une prise de sang, peuvent être prescrits par le médecin, afin de confirmer la grossesse, de la dater avec précision et de détecter une éventuelle grossesse extra-utérine, contre-indication pour l'IVG médicamenteuse.
    • À la fin de cette consultation, la patiente reçoit un document attestant de la date à laquelle sa demande a été effectuée.
  2. Une deuxième consultation de consentement doit être effectuée. Le médecin explique en détail le déroulement de l'IVG, les démarches administratives à effectuer, réalise un deuxième examen clinique et remet à la patiente un livret sur l'IVG et les ordonnances nécessaires.
  3. Un entretien psycho-social est proposé à toutes les femmes souhaitant avorter, mais il n'est obligatoire que pour les mineures.
  4. Le jour de l'avortement, la mifépristone (ou RU 468) est administrée par voie orale. Un délai de 48 heures doit être respecté entre l'entretien psychosocial et l'IVG.
  5. 36 à 48 h plus tard, la patiente doit prendre le misoprostol, également par voie orale, en présence du médecin qui assure une surveillance. L'expulsion de l'œuf se fera au moment où elle sera rentrée chez elle, où il est important qu'elle ne soit pas seule.
  6. Une visite de contrôle doit être programmée entre 2 et 3 semaines après la première prise de médicament.

À noter : le dosage de ces médicaments varie d'une femme à l'autre, selon l'avancée de la grossesse. C'est au médecin de déterminer le dosage approprié. Ainsi, du Géméprost pourra être administré par voie vaginale dans le cas d'une grossesse de 9 semaines.

Efficacité de l'IVG médicamenteuse

Le taux d'échec de l'IVG médicamenteuse est principalement lié au terme de la grossesse :

  • Le taux de réussite de l'IVG médicamenteuse est supérieur à 95 %.
  • Au-delà de 7 semaines d'aménorrhée, l'efficacité de la méthode médicamenteuse diminue.
  • 3 à 5 % des femmes expulseront l'embryon avant même de prendre le misoprostol.
  • Le moment de « l'expulsion » intervient le plus souvent dans les 4 heures qui suivent la prise de misoprostol.

IVG médicamenteuse : mécanisme et mode d'action

La mifépristone et son mode d'action

La mifépristone, plus connue sous le nom de RU 486, est un stéroïde de synthèse aux propriétés anti-hormonales anti-progestérone, qui se lie aux récepteurs de la progestérone, mais sans les activer.

  • De manière générale : les hormones stéroïdes pénètrent le noyau cellulaire et se lient à un récepteur (une protéine nucléaire).
  • Le RU 486 a une affinité très forte avec les récepteurs de la progestérone (5 fois plus forte que la progestérone elle-même), mais contrairement à celle-ci, elle n'active pas ces récepteurs et ne présente donc pas les effets de la progestérone.

Après une administration orale, la mifépristone est rapidement absorbée par l'organisme : sa durée de vie est de 30 heures environ.

  • La progestérone maintient le col de l'utérus fermé et va inhiber la contraction utérine. La mifépristone, par son activité antagoniste de la progestérone, va au contraire stimuler les prostaglandines au niveau de l'utérus et permettre de déclencher des contractions.
  • Elle entraînera aussi la dilatation du col de l'utérus.

La mifépristone administrée seule chez la femme enceinte de 49 jours ou moins est efficace dans 80 à 85 % des cas. Pour améliorer encore ce taux d'efficacité, les chercheurs ont ajouté les prostaglandines, sous forme de misoprostol.

Le misoprostol et son mode d'action

La France est le premier pays occidental à utiliser le misoprostol, suivi par la Grande-Bretagne en 1990 puis la Suède en 1991. Il faut attendre 2007 pour que l'Agence européenne du médicament autorise l'usage de ce médicament jusqu'à :

  • 7 semaines d'aménorrhée sans hospitalisation ;
  • jusqu'à 9 semaines d'aménorrhée avec hospitalisation.

Le misoprostol (avec le Cytotec de Pfizer et le Gymiso de Linepharma), est la prostaglandine la plus utilisée :

  • Elle stimule les contractions de l'utérus en se liant aux récepteurs spécifiques.
  • Fiable, bon marché (le Cytotec coûte 0,30  le comprimé contre 12 € pour le Gymiso), stable à température ambiante, le misoprostol est vendu sous forme de comprimés oraux, mais il peut également être administré par voie vaginale, sublinguale, buccale et rectale.
  • Toutefois, le Cytotec ne dispose d'une AMM que dans le cadre du traitement de l'ulcère gastrique et duodénal. Il est néanmoins très largement employé pour les IVG (76 % des cas) puisqu'il est 40 fois moins cher que le Gymiso. Il va cependant être retiré du marché en mars 2018 suite aux effets indésirables graves (notamment cardio-vasculaires) rapportés dans le cadre de l'IVG, mais aussi du déclenchement du travail ou de la préparation à la pose d'un stérilet (lorsqu'il est administré par voie vaginale alors qu'il est prévu pour être utilisé par voie orale).

À noter : dans le cas d'avortement spontané, l'utilisation du misoprostol seul peut être une alternative au curetage.

Mécanisme de l'IVG médicamenteuse

La prise de mifépristone induit sur le blocage de la progestérone ce qui a une influence :

  • sur l'endomètre (utérus) : baisse des B-HCG ;
  • sur le myomètre (muscle de l'endomètre) : une augmentation de sa contractilité ;
  • sur le col de l'utérus : ramollissement.

L'ensemble de ces actions vise l'arrêt de la grossesse et l'expulsion de l'œuf.

Effets secondaires est risques de l'IVG médicamenteuse

Effets secondaires

La prise de mifépristone et de misoprostol entraîne certains effets secondaires bénins, mais gênants.

  • Des douleurs assimilables à celles ressenties pendant les règles peuvent apparaître 2 h après la prise de misoprostol. Chez les femmes qui ont reçu un seul comprimé de mifépristone, les douleurs étaient plus importantes que chez celles qui en avaient pris trois. Elles s'estompent au bout d'une heure environ mais sont peu atténuées par les anti-inflammatoires ou antalgiques standards.

Bon à savoir : dans 27 % des cas les douleurs sont extrêmement violentes (évaluées à 8 sur une échelle de 10) ; elles semblent être plus intenses chez les femmes n'ayant jamais été enceintes auparavant ainsi que chez celles qui sont habituées à avoir des règles douloureuses.

  • Des nausées, vomissements et diarrhées sont également liés à la prise de mifépristone et de misoprostol. Le médecin pourra prescrire des médicaments pouvant atténuer ces symptômes.
  • Des saignements apparaissent en général 24 à 36 h après la prise de mifépristone. Ils sont tout à fait normaux et sont souvent le signe de la réussite de l'IVG. Cependant, chez un tiers des patientes, des saignements trop abondants (jugés inquiétants ou très inquiétants) et qui durent plus de 15 jours apparaissent. Ils doivent vous alerter : consultez rapidement votre médecin.

Attention : même si les saignements sont en général le signe de la réussite de l'IVG, ils ne doivent pas dispenser de la prise de misoprostol et de la visite de contrôle.

Risques de l'IVG médicamenteuse

Comme toute intervention médicale, l'IVG médicamenteuse présente des risques :

  • Le risque principal de l'IVG médicamenteuse est l'échec, même si ce dernier reste très faible (5 % de risque d'échec de la procédure). Dans ce cas, une IVG chirurgicale sera nécessaire.
  • Le risque hémorragique qui nécessite un curetage est inférieur à 1 %.
  • L'IVG médicamenteuse n'a aucune influence sur la fécondité de la femme.

Bon à savoir : pour les femmes dont le rhésus est négatif, une injection de Rhophylac (anticorps anti-D) 72 h après la prise de mifépristone est indispensable. Cette injection est effectuée de manière préventive, en vue d'une future grossesse.

Coût et remboursement de l'IVG médicamenteuse

Le coût de l'IVG médicamenteuse varie en fonction du lieu où elle est pratiquée :

  • en cabinet de ville : 191,74 € ;
  • en établissement de santé public : 257,91 € ;
  • en établissement de santé privé : entre 230 et 270 €.

L'acte de l'IVG médicamenteuse est remboursé à 100 % par l'assurance maladie sur la base d'un montant forfaitaire. Depuis le 1er avril 2016, les consultations, examens biologiques et échographies sont également remboursés à 100 %. Ce remboursement est établi sur la base d'un tarif forfaitaire de 282,91 €.


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