Avortement clandestin

À jour en Février 2018

Écrit par les experts Ooreka

 

Même si de plus en plus de pays ont légalisé l'accès à l'avortement, l'OMS estime que les avortements clandestins représentent 49 % des avortements dans le monde.

Qu'est-ce qu'un avortement clandestin ?

Dans des pays comme la France, la Suisse, le Canada ou encore l'Italie, l'interruption volontaire de grossesse, souvent appelée IVG, désigne l'avortement provoqué, décidé pour des raisons non médicales et effectué dans les conditions définies par la loi.

Est considérée comme avortement clandestin toute interruption de grossesse effectuée en dehors du cadre légal défini par le pays de résidence de la femme.

L'avortement clandestin dans le monde

Selon une étude menée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le pourcentage d'avortements clandestins dans le monde est passé de 44 à 49 % entre 1995 et 2008.

Les pays les plus touchés par les avortements clandestins sont les pays en développement comme l'Inde, mais c'est l'Afrique qui détient le triste record du nombre d'avortements clandestins :

  • la législation y est très restrictive (sauf en Afrique du Sud) ;
  • l'accès à la contraception est quasi inexistant ;
  • les interventions sont réalisées dans un cadre non médical, mettant en danger la vie des femmes.

À noter : les avortements clandestins concernent majoritairement les bébés filles.

Méthodes et risques de l'avortement clandestin

Les avortements clandestins sont réalisés hors du milieu médical, avec des méthodes moyenâgeuses :

  • utilisation de produits chimiques ;
  • percement de l'œuf par aiguilles ou objets contondants et perçants ;
  • absorption de plantes ;
  • prise de grosses quantités de médicaments (nivaquine, aspirine, antibiotiques, etc) ;
  • coups dans le ventre, chutes et exercices physiques violents.

Ces méthodes à risques entraînent inévitablement des complications :

  • avortements incomplets ;
  • infections ;
  • septicémie ;
  • hémorragies utérines ;
  • stérilité ultérieure ;
  • déchirure des parois de l'utérus ;
  • décès.

Chaque année, environ 45 000 femmes décèdent des suites d'une IVG non médicalisée dans le monde.

Avortement clandestin : quelle solution ?

Les partisans du droit à l'avortement considèrent souvent que la condamnation de l'IVG est immorale dans la mesure où elle conduit à des avortements clandestins, cause de fortes souffrances humaines, tant psychologiques que biologiques.

Par ailleurs, dans les pays où l'IVG est pénalisée, les femmes avortent autant que dans les pays où elle est légale : l'interdiction de l'IVG n'entraîne donc pas une baisse du nombre d'avortements.

Interdire l'IVG fait augmenter de manière dramatique le taux de décès des suites d'avortements clandestins :

  • où l'IVG est illégale, le taux de mortalité est en moyenne de 330 pour 100 000 avortements.
  • où l'IVG est légale, en revanche, le taux de mortalité oscille entre 0,2 et 1,2 pour 100 000 avortements.

Toutefois, les avortements clandestins en France sont restés importants pendant 20 ans après la légalisation de l'IVG, jusque dans les années 1990, où leur nombre a sensiblement décru.


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